Sophie Chabanel. Les Maraudes littéraires

Éd. de l’Aube, mars 2021

Pascal Percq

p. 62

Bibliographical reference

Sophie Chabanel. Les Maraudes littéraires, Éd. de l’Aube, mars 2021

References

Bibliographical reference

Pascal Percq, « Sophie Chabanel. Les Maraudes littéraires », Revue Quart Monde, 258 | 2021/2, 62.

Electronic reference

Pascal Percq, « Sophie Chabanel. Les Maraudes littéraires », Revue Quart Monde [Online], 258 | 2021/2, Online since 01 June 2021, connection on 17 October 2021. URL : https://www.revue-quartmonde.org/10346

Sophie Chabanel, écrivaine, a accompagné durant plusieurs nuits les équipes de la Croix Rouge du Samu Social lyonnais dans des « maraudes » qualifiées de « littéraires », à l’initiative du Fonds Decitre ; elle proposait des livres aux personnes vivant à la rue. Son témoignage très vivant fait état à la fois de sa propre découverte du monde de la nuit, du comportement des « bénévoles » de ces maraudes nocturnes et, bien entendu, des rencontres avec celles et ceux qui vivent en marge de tout et sur lesquels il est porté tant de clichés.

Rencontres étonnantes qui l’amènent à échanger avec ces interlocuteurs d’une nuit tant sur Teilhard de Chardin que sur Jules Verne et surtout Victor Hugo. Car les personnes à la rue, si elles ne lisent pas toutes – loin s’en faut – ont souvent un grand respect pour le livre et ces échanges témoignent aussi qu’elles pensent ! Ceci peut surprendre certains des bénévoles qui découvrent qu’au-delà de l’encombrement de cette caisse supplémentaire dans la camionnette, le « pouvoir des livres fait déplacer les colères », constate Sophie Chabanel.

Cette initiative, née avec le Fonds Decitre en Haïti, a été transplantée en France. [...] Les « maraudes littéraires » sont des instantanés heureux mais très souvent sans suite. On regrettera que l’auteure s’attarde plus sur les épanchements des bénévoles que sur ses rencontres pourtant enrichissantes avec les personnes à la rue. Ce faisant, Sophie Chabanel s’interroge sur bien des aspects de ce bénévolat inscrit dans une « neutralité bienveillante » qui ne remet pas en question pour autant ce désordre établi qu’est la grande pauvreté. C’est aussi ce regard distant sur ces pratiques qui rend intéressant ce livre, au-delà de son témoignage.

Pascal Percq

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