Vers l’autonomie des jeunes

Martine Hosselet-Herbignat

p. 3

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Martine Hosselet-Herbignat, « Vers l’autonomie des jeunes », Revue Quart Monde, 253 | 2020/1, 3.

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Martine Hosselet-Herbignat, « Vers l’autonomie des jeunes », Revue Quart Monde [En ligne], 253 | 2020/1, mis en ligne le 01 mars 2020, consulté le 20 septembre 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/8431

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Jeunesse

Les chemins d’émancipation des jeunes sont souvent complexes et problématiques, et l’accès à leur autonomie est étroitement lié aux difficultés sociales.

Les politiques publiques configurant l’entrée dans l’âge adulte diffèrent selon les États européens et produisent des effets plus ou moins structurants1. En France, où un jeune sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté, la jeunesse reste un angle mort des politiques publiques, constate Antoine Dulin2, contrairement à d’autres pays d’Europe. Mathilde Caurier3 s’interroge quant à elle sur la pertinence des « parcours » conçus par les politiques publiques pour aider les jeunes ; ceux qui les pensent ayant eu personnellement des parcours faciles, et une autre réalité que celle vécue par des jeunes « bénéficiaires » sur le terrain. Parmi ces bénéficiaires, ceux accompagnés par la Fondation Apprentis d’Auteuil. Certains prennent la parole dans le collectif Repairs !4, anciens Mineurs non accompagnés ou jeunes pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance. Leur objectif : créer un débat public, devenir visibles, faire valoir leur expertise dans le choix des mesures les concernant. « Même si les questions d’indépendance matérielle et d’accès au droit sont fondamentales au moment de la transition à l’âge adulte, le sujet central est ailleurs : sur qui et pour qui compter à 18 ans, quand on sort de placement ? » interpelle Fouzi. C’est le pari relevé par les Écoles de production, dont ECCOFOR dans le Jura5 : insertion professionnelle par l’apprentissage d’un métier, sur la base de fondamentaux structurants, réussite des élèves les plus en difficulté, adaptation aux forces et faiblesses de chacun.

De la même manière, en Italie, le Care Leavers Network Italy, réseau territorial de jeunes sortant de l’aide sociale, soutient leur recherche d’écoute et de participation collective.

Ailleurs dans le monde, de jeunes entrepreneurs asiatiques s’engagent pour le changement social, à Hong Kong, Hanoi, ou Bangkok, accompagnés dans leur créativité par Dinh-Long6 et bénéficiant du Programme des Nations Unies pour le Développement. Au Guatemala7, beaucoup de jeunes adolescents pauvres, voulant éviter d’être engloutis par la rue et ses tentations, cherchent très tôt du travail. Ils se retrouvent dans des secteurs durs et « non officiels », tout comme leurs parents avant eux. Reconnaître leurs efforts et leur combat quotidien, mettre en valeur tout ce qu’ils entreprennent est le ferment de leur autonomisation, affirme José Dimas Perez, qui les connait bien. C’est également l’ambition de ce dossier pour tous les jeunes, en particulier les plus vulnérables.

1 Voir l’article de Tom Chevalier, p. 4.

2 Voir p. 23.

3 En p. 9.

4 Voir p. 13.

5 Voir l’article de François Foucquart, p. 37.

6 Voir p. 18.

7 Selon l’Enquête Nationale sur les conditions de vie (ENCOVI) réalisée en 2014, sur près de 15,9 millions d’habitants, 34,3 % ont entre 13 et 29 ans.

1 Voir l’article de Tom Chevalier, p. 4.

2 Voir p. 23.

3 En p. 9.

4 Voir p. 13.

5 Voir l’article de François Foucquart, p. 37.

6 Voir p. 18.

7 Selon l’Enquête Nationale sur les conditions de vie (ENCOVI) réalisée en 2014, sur près de 15,9 millions d’habitants, 34,3 % ont entre 13 et 29 ans. Voir l’article de José Dimas Perez p. 27.

Martine Hosselet-Herbignat

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