A travers les siècles

Rédaction de la Revue Quart Monde

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Rédaction de la Revue Quart Monde, « A travers les siècles », Revue Quart Monde [Online], 177 | 2001/1, Online since 05 August 2001, connection on 21 September 2021. URL : https://www.revue-quartmonde.org/1651

Ces quelques aperçus historiques ont été glanés parmi ceux qu’avait recueillis Pierre Maisondieu. Cet ami d’ATD Quart Monde, aujourd’hui décédé, avait en effet entrepris, dès sa retraite, des lectures sur l’histoire de la pauvreté.

Index de mots-clés

Histoire, Monde rural

Au temps des Romains

« Les paysans propriétaires de leurs champs vivaient dans des chaumières misérables ; ils s’entassaient dans une seule pièce.

Les esclaves, eux, habitent les dépendances de la maison domaniale... Pauvreté, rudesse de la vie, et surtout impossibilité pratique de quitter sa chaumière, dépendance économique ; une mauvaise récolte est une catastrophe ; elle entraîne la misère. »

Pierre Grimal, La civilisation romaine, Éd. Arthaud, 1960, p.221.

Au Moyen Age

« Dans la société à peu près uniquement rurale de la première partie du Moyen Age, la pénurie alimentaire était une fatalité commune et implacable. »

Michel Mollat, Etudes sur l’histoire de la pauvreté, Publication de la Sorbonne, 1974, p.17.

« Il n’y a aucune distinction entre le travail, la vie familiale, la vie personnelle. »

Begnigno Cacérès , Loisirs et travail du Moyen Age à nos jours, Éd. du Seuil, p.44.

La première modernité

« Le XVe siècle voit le triomphe des grands propriétaires fonciers. »

d’Avenel, Découvertes d’histoire sociale, Éd. Flammarion, 1910, p.150.

« Les maîtres d’école sont relativement rares dans le milieu paysan, et leur enseignement n’est pas gratuit. Seule une minorité de laboureurs et moins encore de travailleurs envoient leurs enfants régulièrement à l’école. »

Emmanuel Le Roy Ladurie, Les paysans du Languedoc, Éd. Flammarion 1969, p.181.

Au temps de Louis XIV

« La forêt fournit du bois, du miel, des fruits sauvages, mais pas de gibier, car un édit forestier de Louis XIV défendit aux paysans et roturiers de chasser, même sur leur propre bien. »

d’Avenel, Découvertes d’histoire sociale, opus cité ci-dessus, p.84.

Au siècle des Lumières

« La misère est la seule garantie contre la paresse du paysan. »

Alexis de Tocqueville, L’Ancien régime et la Révolution, Éd. Gallimard, 1967, p.683.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle « apparaissent le mobilier et les costumes régionaux, imitation par les artisans ruraux des styles adoptés à la ville et au château. Ce qui atteste la formation d’une société de paysans enrichis capable de former une clientèle pour les ébénistes et les menuisiers du pays. »

Philippe Ariès, Histoire des populations françaises et de leurs attitudes devant la vie depuis le XVIIIe siècle, Éd. du Seuil, 1971.

Dans certaines provinces comme la Touraine « l’exploitation des enfants des villes par les paysans de la campagne est une industrie qui commence dès la seconde moitié du XVIIIe siècle. »

Philippe Ariès, op. cit. ci-dessus.

A la veille de la Révolution « la France des analphabètes est la France rurale, surtout dans le Midi. »

Michel Vovelle, La chute de la monarchie, Éd. du Seuil, 1972, p.78.

Emergence de l’industrie

« Le logement de l’homme se distingue difficilement de la tanière de l’animal. »

R.H. Guerrand Les origines du logement social en France, Editions ouvrières, 1966, p.56.

« Les animaux sont parfois mieux logés que les hommes. »

Walter, Histoire des paysans de France, Éd. Flammarion, 1963, p.417.

L’apogée du capitalisme

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, « la cité ressemble à un puissant vampire, suçant sans cesse le sang le plus vigoureux de la campagne. »

John A. Hobson, Problems of Poverty, Methuen and C°, Londres, 1845, p 57.

« Les ouvriers ruraux pouvaient se procurer sans peine un salaire élevé en portant leur travail dans les grands établissements manufacturiers, ne restant dans les campagnes que s’ils sont sûrs de trouver un salaire relativement aussi considérable. »

Frédéric Le Play, Les ouvriers des deux mondes, 1857, Tome 1, p.96.

« Peu à peu le paysan prend l’habitude d’acheter des romans populaires, il commence aussi à lire le journal à feuilleton. »

Alain Plessis, De la fête impériale au mur des Fédérés, Éd. du Seuil, 1973, p.151.

« Multiplication des chemins de fer, diffusion de l'instruction, brassage opéré par le service militaire : les temps sont bien révolus où l'homme du sol mourait sans jamais avoir dépassé les limites de son horizon, sans rien savoir de ce qui se passait dans le monde au-delà de son canton. »

Jacques Chastenet, La France de M. Fallières, Éd. Fayard, 1949, p.190.

Après la Seconde Guerre

« Les paysans furent particulièrement lents à trouver une voix qui exprime leurs revendications »... « leur division excessive les empêchait de les formuler clairement et... leurs préoccupations concrètes s'inscrivaient mal dans des programmes bourrés de considérations idéologiques par les politiques. »

Théodore Zedlin, Histoire des passions françaises, Tome V, Éd. Recherches, 1979, pp.226 et 233.

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