Des souffrances souvent cachées...

Rédaction de la Revue Quart Monde

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Rédaction de la Revue Quart Monde, « Des souffrances souvent cachées... », Revue Quart Monde [Online], 218 | 2011/2, Online since 01 April 2012, connection on 26 September 2021. URL : https://www.revue-quartmonde.org/5150

Bangladesh : Cricket et mendicité

La municipalité de Chittagong, au Bangladesh, qui accueille la Coupe du monde de cricket, vient d’annoncer qu’elle paierait deux dollars par jour les quelque 300 mendiants de la ville pour qu’ils fassent place nette durant les six semaines de compétition.

« Cette mesure vise à s’assurer que les mendiants ne dérangeront pas les touristes et les spectateurs durant la Coupe du monde », a expliqué le maire de Chittagong, Mansur Alam, à la BBC.

La municipalité a par ailleurs assuré qu’elle créerait des centres d’hébergement pour accueillir les personnes qui le souhaiteraient. Cette décision survient quelques jours après que le gouvernement a proposé de déplacer jusqu’à la fin du tournoi l’ensemble des mendiants de la capitale, Dacca, dans des centres d’hébergement. (Web : Aujourd’hui l’Inde, 31/01/2011)

Chine : mieux nourrir les élèves

Les autorités des secteurs de l’éducation, des finances et de la santé collaborent pour faire progresser l’amélioration de la nutrition des élèves à travers le pays, particulièrement dans les régions rurales de l’ouest de la Chine, a déclaré lundi Xu Mei, une porte-parole du ministère de l’Éducation.

Elles élaborent actuellement des directives pour encourager les autorités locales à accorder plus d’attention à la nutrition des élèves, a indiqué Mme Xu dans une conférence de presse.

Grâce aux efforts du gouvernement central et des gouvernements locaux, les conditions globales de nutrition des écoliers et des lycéens se sont considérablement améliorées, mais « nous faisons face à un sérieux défi dans les régions rurales moins développées », a souligné Mme Xu. « Certains pensionnats ne possèdent pas de cantines et les élèves issus de milieux défavorisés ont réclamé une plus grande attention des autorités locales sur l’amélioration de la nutrition des élèves », a-t-elle ajouté.

En Chine, le gouvernement central finance l’achat des manuels pour les écoliers et les lycéens issus de familles pauvres tandis que le gouvernement local alloue aux pensionnaires des subventions pour la nourriture.

Depuis l’automne dernier, un écolier issu d’une famille pauvre reçoit une allocation annuelle pour la nourriture de 750 yuans (114 dollars) et un lycéen peut recevoir 1 000 yuans chaque année. (Web : Le Quotidien du peuple, 29/03/11)

France : l’espérance de vie

Le Dr Foucras a encore été consulté en tant que professionnel par les commissions parlementaires qui ont planché sur la grippe H1N1 et sur les ravages du Mediator. Bref, le Dr Philippe Foucras fait autorité.

Trop peut-être. Dans une interview à l’hebdomadaire La Vie en date du 24 mars, il lâche : « À Roubaix, l’espérance de vie est de 56 ans, la même qu’au Soudan. » [...] L’ancienne libraire Nicole Klimsza, [...] n’admet pas que sa ville soit diffamée. C’est en tant que Roubaisienne qu’elle a adressé un courrier à La Vie. [...]

Le médecin nivernais que nous avons joint sur Internet se défend pourtant d’avoir voulu noircir le tableau. Il persiste et signe : « 56 ans, c’était l’âge moyen du décès calculé au sein de ma patientèle pendant près de quinze ans dans le quartier Hommelet-Cul de Four jusqu’en 2006. J’avais un peu moins de 50 % de bénéficiaires de la CMU et les comparaisons que j’avais faites à l’époque étaient avec l’espérance de vie de l’Érythrée, du Soudan et du Népal. Ça n’a pas d’autre valeur statistique que celle de mes patients. Toutefois, les chiffres sont absolument exacts ». (Web : Nord Eclair, 9/04/11)

Lybie : travailleurs émigrés

Dans le conflit qui déchire la Libye actuellement, les travailleurs étrangers, très nombreux, ont pour une grande partie d’entre eux fui le pays. Les gouvernements chinois et sud-coréens ont ainsi organisé des évacuations massives, la Chine populaire ayant fait sortir de Libye près de 35 000 de ses ressortissants. Le gouvernement philippin est, quant à lui, parvenu à faire sortir 12 000 de ses ressortissants du pays, les chiffres officiels avant le conflit faisant état de la présence de 26 000 Philippins dans le pays, voire de 32 000 selon la Croix-Rouge. Une des difficultés de ces évacuations tient au fait que les travailleurs étrangers sont le plus souvent sans passeport, celui-ci étant généralement entre les mains de leurs employeurs ou des autorités locales. De Tripoli, le P. Allan Jose Arcebuche, franciscain philippin, vicaire à la paroisse San Francisco, tente de suivre la situation à Misrata malgré la rupture des communications avec cette ville. [...]Il s’inquiète d’informations, impossibles à recouper, selon lesquelles des Philippins seraient utilisés comme boucliers humains ou auraient été rassemblés de manière à servir d’otages. [...] Depuis Manille, le 5 avril, le ministère philippin des Affaires étrangères a confirmé que des infirmières étaient prises au piège dans Misrata. Migrante International, une ONG de soutien aux Philippins expatriés, a affirmé que, selon ses informations, des infirmières philippines avaient été réquisitionnées par des forces armées, sans plus de précision. Selon Garry Martinez, il resterait quelque 15 000 travailleurs philippins en Libye, dont 4 000 sont à Tripoli. La plupart seraient livrés à eux-mêmes, leurs employeurs étrangers ayant quitté le pays en les laissant sur place. (Web : Églises d’Asie, 4/04 /11)

Niger : pollution du delta

La justice américaine a condamné l’année dernière le groupe pétrolier français Technip à une amende colossale de 338 millions de dollars. Motif : Technip s’est livré à la corruption au Nigeria durant dix ans pour des contrats de plus de six milliards de dollars, a conclu la justice américaine. En un demi-siècle d’exploitation, le pétrole a rapporté environ 600 milliards de dollars au Nigeria. Les habitants du Delta nigérian, riche en pétrole d’excellente qualité n’ont récolté eux, que les méfaits de l’exploitation de cette surabondance pétrolière. L’Onu estime à plus de 6 800 le nombre de fuites des oléoducs dans la région, entre 1976 et 2001. Plus de 3 millions de tonnes de pétrole ont été déversées dans l’environnement, détruisant l’écosystème des 31 millions d’habitants de la région. « Les habitants sont contraints de se laver, de boire et de cuisiner avec des eaux polluées. Ils mangent du poisson - s’ils ont la chance d’en trouver encore - contaminé par les hydrocarbures et d’autres toxines. Leurs terres agricoles sont détruites », constatait l’année dernière, une enquête d’Amnesty international. Par ailleurs, les frustrations et la misère ont rendu la région politiquement instable. (Web : Afrik.com, 9/04/11)

Tunisie : rapatrier les personnes déplacées

La situation générale ne cesse de s’améliorer jour après jour dans le camp Choucha à Ras Jedir, compte tenu de la réduction du nombre des déplacés en provenance de la Libye et grâce à la mobilisation des autorités tunisiennes et des instances et organisations internationales, pour rapatrier un plus grand nombre de personnes. Le nombre de déplacés dans le camp de Choucha a atteint, jusqu’à dimanche matin, 15 579 personnes. Ils sont de nationalité jordanienne, guinéenne, irakienne, zambienne, malienne, togolaise, camerounaise, pakistanaise, égyptienne, algérienne, chinoise, philippine, bengale. Les déplacés de nationalité bengale, qui sont au nombre de 13 000, représentent la majorité écrasante parmi les personnes installées au camp Choucha à Ras Jedir. Quelque 780 déplacés, de nationalité libyenne, égyptienne, marocaine, soudanaise, pakistanaise, ghanéenne, vietnamienne, érythréenne, sont arrivés en Tunisie dimanche 6 mars. [...] Afin d’améliorer les prestations médicales au camp Choucha, l’hôpital militaire tunisien et l’hôpital marocain offrent des services divers à tous les déplacés, conformément à un plan d’action prédéfini. [...] Le camp Choucha a été le théâtre ce week-end d’une campagne de propreté, à laquelle ont pris part plusieurs groupes de scouts tunisiens, des volontaires et des réfugiés. (Web : Info Tunisie, 7/03/11)

Unesco : écoliers dans les conflits

Dans le monde, sur le nombre total d’enfants en âge d’être inscrits dans l’enseignement primaire et qui ne sont pas scolarisés, plus de 40 % vivent dans des pays pauvres affectés par des conflits, selon le Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous 2011 de l’Unesco qui sera lancé le 1er mars à New York (États-Unis). Intitulé La crise cachée : les conflits armés et l’éducation, le rapport prévient que le monde n’est pas sur la voie de la réalisation d’ici à 2015 des six objectifs de l’Éducation pour tous fixés au plan international. En dépit des progrès remarquables qui ont été obtenus, la plupart des résultats seront largement en deçà des objectifs, notamment dans les pays affectés par des conflits. Trente-cinq pays ont été affectés par des conflits armés entre 1999 et 2008. Les enfants et les écoles sont les premiers à être touchés par ces conflits car les salles de classe, les enseignants et les élèves sont considérés comme des cibles légitimes. (Web : Unesco, 21/02/11)

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