Envers et contre tout, nous sommes des travailleurs

Marie-Hélène Boureau

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Marie-Hélène Boureau, « Envers et contre tout, nous sommes des travailleurs », Revue Quart Monde [Online], 161 | 1997/1, Online since 05 August 1997, connection on 12 August 2022. URL : https://www.revue-quartmonde.org/670

Comment, durant le cycle 95-96, les participants des Universités populaires Quart Monde ont-ils abordé le thème du travail et de l’activité humaine ?

Durant le cycle 95-96, les participants des Universités populaires Quart Monde1 ont réfléchi sur leur itinéraire, leur expérience dans le domaine du travail et de l’activité humaine mais aussi sur les questions à l’ordre du jour actuellement dans nos sociétés, comme le partage du travail, les emplois dits de proximité, les mesures prises pour pallier le chômage...

Voici quelques lignes qui se dégagent de cette réflexion menée tant en Belgique qu’au Luxembourg et en différentes régions de France, Ile de la Réunion y compris.

Travailleurs aux tâches multiples.

Les adultes très pauvres - peut-on dire la même chose des jeunes ? - ont souvent commencé à travailler très tôt. La liste est longue de ces travaux, souvent pénibles, qui ont usé leur corps prématurément. « Moi, j’ai fait beaucoup de travaux. J’ai été charbonnier, ferrailleur, bûcheron. J’ai bien aimé le métier de bûcheron, c’est le meilleur métier. J’ai été aussi barman, serveur, mais il y a seulement un métier qui me plaisait, c’était bûcheron. Si tu fais plusieurs métiers, tu apprends la vie et tu ne l’oublies pas. » Leur travail, souvent, se conjugue au passé : « J’ai travaillé sur des voitures. J’ai été chez des plâtriers, des mécaniciens d’usine. J’ai travaillé dans une casse de voitures, ça, j’ai aimé mais je suis tombé malade et ça s’est terminé ».

Partage du travail ?

« C’est difficile, fait remarquer un homme qui est passé par une multitude de "petits boulots", de parler de partage du travail quand on n’a jamais eu un vrai emploi. » L’idée de partage du travail suscite des questions qui restent ouvertes : « Il y a très peu de travail pour les plus pauvres, alors, le peu qu’on a, comment le partager ? Qui va partager ? Partager quoi, pour qui ? » Par contre, les uns et les autres réclament une réflexion sur le partage, sur un vrai partage qui ne se limite pas à celui du travail : « Nous, ce que nous voulons, c’est tout partager. Partager le travail mais aussi partager les écoles, celles où nos enfants pourraient réussir, partager une vraie culture, partager le sport... Si on n’est pas capable de partager le savoir, on n’en sortira jamais ».

Travail de proximité : un travail d’avenir ?

Les « petits boulots » sont souvent les seules tâches que les plus pauvres trouvent à faire et, pour eux, ce qui est appelé « travail de proximité » ressemble fort à ce qu’ils ont toujours accompli pour gagner leur vie. En quoi cela les propulse-t-il dans l’avenir avec les autres ? Une militante Quart Monde2, s’adressant à des syndicalistes, exprime ce que beaucoup ont suggéré : « Il y a des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord, c’est quand vous parlez de boulots de proximité. Je crois que les plus pauvres, dont je fais partie, les boulots de proximité, ça reste des "petits boulots". Alors à quoi rêve un RMIste ? A quoi rêve un chômeur de longue durée ? A quoi rêve quelqu'un qui n'a jamais eu de boulot stable ? Il rêve de faire partie de ceux que vous défendez. On parle de boulots de proximité. Les boulots de proximité, on sait ce que c'est, tous ces "petits boulots" ; les boulots qu'on crée, ce n'est pas quelque chose dans lequel on peut se retrouver et être mis en valeur, ça c'est mon sentiment. Moi, ça fait cinq ans que je suis au chômage et j'ai renoncé à chercher du travail parce qu'il y a certains boulots que je ne veux plus faire. Je l'ai fait, j'ai travaillé depuis l'âge de quatorze ans en usine, et nous les plus pauvres, les plus sales boulots, on les a toujours faits. Alors, qu'on arrête de parler de "petits boulots", de boulots de proximité, ça je ne le défendrai jamais.

 Comment va-t-on tenir compte des plus pauvres par exemple qui  ne sont pas forcément des travailleurs comme tout le monde l'entend ? Ce sont des travailleurs mais pas comme quelqu'un qui travaille depuis trente ans dans une grosse boîte, qui est vraiment défendu, tout ça. Le travail, on connaît, mais peut-être pas comme vous le concevez, vous »

« On a l’impression d’avoir des sens interdits partout ».

Nous sommes remis devant la force des mots employés sans toujours réaliser l’effet produit sur ceux qui doivent les porter comme un « uniforme » qui les identifie. « Je veux du travail, pas de l’insertion : à quarante ans en ayant trois CAP, je n’ai pas besoin d’insertion, je ne suis pas un gobelet qu’on peut déplacer partout sur la table. Je ne suis pas une marionnette ».

Pour celui qui a travaillé dur toute sa vie dans des tâches non reconnues, que signifie « mise au travail » ? « Je dois accepter la mise au travail : sans CAP, on ne reçoit pas un travail convenable. J’ai quarante et un ans. J’ai honte d’avoir autant de choses à apprendre ».

Les jeunes non plus ne se sentent pas dans des projets d’avenir. C’est l’un des soucis de leurs parents : « Les jeunes, ils les casent dans des "remises à niveau" qui débouchent pratiquement sur rien. Donc, est-ce que le but pour eux, c'est de faire ce stage pour pouvoir sortir de chez eux, pour ne pas traîner toute la journée et toucher un peu d'argent, ou c'est vraiment pour faire une remise à niveau pour déboucher sur un travail et être plus performant ? » Il n’y a souvent aucune issue.

Lorsqu’une proposition arrive, les conditions ne permettent pas toujours d’accepter, de saisir cette chance. « Vous attendez et puis ils vous téléphonent aujourd'hui pour travailler demain matin. Comment faire pour trouver si vite quelqu'un pour vos enfants ? On m'a répondu, "les enfants ne sont pas un obstacle pour travailler". Oui, mais je ne peux pas les laisser à la rue toute la journée. Est-ce qu'ils peuvent comprendre ça ? »

Ce qui a été mis en place comme ouvertures au travail peut se transformer en étiquettes lourdes à porter qui ne donnent aucun statut valorisant mais vous enferment dans le carcan de votre manque, de votre besoin. « On prend un CES et on se retrouve RMIste. Les RMIstes sont vus comme des poubelles parce que tout le problème de société est jeté sur eux. Or on n’est pas né RMIste. » « Quand tu es au chômage, tu es rejeté comme un fainéant et quand tu cherches du travail, on te dit que tu es un bon à rien ».

L’épaisseur du temps.

La valeur du temps revient comme une trame qui sous-tend tous les exemples. Ce temps est vécu bien difficilement que l’on ait ou non du travail.

  • temps vide : « A la maison, on devient abruti, le temps ne passe pas. Au début, ça va encore, mais après, ça devient pénible ».

  • temps gâché : « On passe son temps dans les administrations, pour aboutir à quoi ? »

  • temps volé : « Il nous faut toujours attendre, attendre pour des demandes. On nous fait courir à droite, à gauche... Notre temps ne compte pour rien, comme si on n’avait rien d’autre à faire ».

  • Prendre le temps : « Plus on a la vie difficile, plus il faut du temps pour se remettre en route » Un temps utile, c’est un temps pour apprendre, un temps pour écouter, un temps pour se former. C’est savoir « perdre du temps pour en gagner ».

Ce qui fait exister.

La reconnaissance et le respect.

La personne en difficulté est souvent traitée comme « un enfant » qui ne sait pas. Un travail reconnu, autonome, stoppe cette infantilisation. Dans les démarches de recherche de travail, dans les relations de travail, « on a besoin de chaleur humaine ; ça ne veut pas dire qu’on veut être materné, non. On a besoin d’être soutenu. » Et c’est bien ce que tous souhaitent : être considéré comme une personne à part entière. « Chacun a besoin d’être considéré comme une personne dans sa totalité et pas découpé en rondelles selon le type de difficultés qu’il rencontre ».

La reconnaissance de l’énergie déployée.

Une énergie qui s’épuise, « Quand je ne trouvais plus de travail, je n’avais plus de forces. J’avais l’impression que personne n’avait besoin de moi. Je n’aurais jamais pensé que cela pouvait être oppressant à ce point ! Plus rien ne marche. Je ne pouvais plus rien entreprendre. C’était seulement pour un temps assez court, mais j’ai eu une période difficile. Sans travail, on a la vie dure comme père. On ne peut pas se cacher : on fait croire quelque chose aux enfants. On fait le clown mais un clown triste. Que font les chômeurs de longue durée ? »

Une énergie qui construit, « Depuis que je travaille, j’ai plus de punch. Avant, je n’avais pas d’énergie pour faire les démarches. A force de courir à droite, à gauche, à la fin de la semaine, j’étais fatiguée. J’ai autant de soucis mais je les prends mieux. » Cette énergie rejaillit sur toute la famille. « J’ai décroché un CES. C’est pas grand chose. On vous garde un an. Au bout d’un an, on vous "jette". Mais enfin... durant l'année où j'ai travaillé, mon fils, il a été trois fois plus motivé pour travailler à l'école. Avant, je ne pouvais pas me permettre de lui dire : "il faut que tu bosses à l'école" vu que moi, je ne travaillais pas... J'ai fait un CES comme homme d'entretien. Je n'avais jamais fait ça, moi, je suis routier. Etant donné que j'avais du boulot, mon fils travaillait mieux ».

Un regard... un soutien.

Il y a des regards qui vous redonnent du courage. « Moi, je me suis levé parce que mes enfants me regardaient. Il fallait que je me débrouille ».

Ce regard qui crée la confiance, cette confiance en soi dont manquent particulièrement les jeunes. Elle leur est pourtant indispensable pour qu’ils osent se lancer dans une formation, dans un travail. Ce regard qui agit et devient soutien. « L’employeur a vu que le jeune voulait s’en sortir et qu’il avait un soutien moral derrière lui. Le stage fini, l’employeur ne voulait pas le renvoyer au point de départ ; il lui a cherché un hébergement et un travail durable dans les espaces verts comme le voulait le jeune ».

Les jeunes demandent aussi un accompagnement dans tous les domaines de la vie : le travail, les démarches administratives, le logement... « Pouvoir compter sur quelqu’un quand on a un problème ».

Le sentiment d’être utile.

Quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve, personne ne souhaite vivre vraiment replié sur soi. Le sentiment d’être utile, à sa famille, à d’autres, redonne la fierté car « derrière une apparente inactivité, les gens s’occupent, ils se rendent utiles pour nourrir leur famille. La pêche, la maçonnerie même si ça rapporte peu, la distribution de journaux... ». Cette volonté d’être utile, certains la concrétisent en s’engageant près de plus pauvres qu’eux, même si c’est difficile de faire comprendre à l’extérieur pourquoi on agit ainsi. « J’aide des personnes mais j’ai du mal à faire comprendre qu’étant RMIste, je fais du social. (...) Etre RMIste n’enlève rien à l’homme de ce qu’il est. » Et pourtant, tous disent combien le sentiment d’utilité les aide dans leur propre vie. Une femme qui s’est engagée dans une association s’exprime ainsi : « Quand je les ai vus tout seuls, j’ai voulu les aider. Nous, on appelle ça un travail. C’est un travail mais c’est bénévole. D’aller là, ça permet de sortir, de discuter. C’est mieux d’aider au lieu de rester assis devant la porte et que les idées travaillent dans la tête. Il faut dévider le cœur, il faut aider quelqu’un d’autre »

Apprendre.

En tenant compte de ces facteurs humains, tout homme, toute femme, blessés par la vie, exclus depuis de nombreuses années, peuvent repartir. Pour cela, ils veulent qu’on prenne en compte leur envie d’apprendre, la nécessité de se former pour « qu’on ne nous prête pas du travail mais qu’on nous le donne. » C’est l’angoisse des parents face à leurs enfants car « un enfant qui ne sait rien deviendra un adulte qui ne sait rien non plus ». Et pour eux, « cela commence à l’école si on accepte que des enfants n’apprennent pas. » Ils savent très bien que les emplois ne seront pas pour leurs enfants si ces derniers n’accèdent pas à la formation. « Ce que l’on veut pour nos jeunes, c’est un vrai apprentissage » car « un jeune qui se sent respecté, qui a un bon soutien derrière lui et qui est dans une vraie formation, il s’en sortira toujours ».

« Si les gens nous regardaient comme des personnes comme elles, bien qu’on ne fasse pas la même chose, qu’on n’ait pas le même travail, qu’on n’ait pas la même éducation, on arriverait à s’entendre, à se comprendre. » « Au lieu de me demander "qu'est-ce que tu fais ?", demande-moi "qu'est-ce que tu aimes ?" Je défends les autres. Je prends le temps d'aller à leur rencontre, de m'informer, de me former.  »

Marie-Hélène Boureau.

(Texte rédigé à partir des décryptages des Universités populaires Quart Monde)

La valeur « Travail »

Je voudrais dire une première chose : on demande à être reconnus comme des travailleurs. On vit la pauvreté, mais ce n’est pas le pire.

Le pire, c’est de se sentir mis en marge, on est classés instables, inemployables, on nous colle des étiquettes sur le dos. Cela, c’est inacceptable, parce que cela bloque tout : nous-mêmes, on se sent diminués, d’où une perte de confiance en nous. Cela bloque aussi les employeurs qui n’osent pas nous faire confiance.

Le malaise il est là. Il est dans le regard qu’on met sur les marginaux qu’on veut réinsérer alors qu’on a toujours été insérés puisque cela fait des années qu’on travaille pour la société sans être reconnus. On ne nous donne que des faux-statuts : CES, stage... Tant qu’on ne sera pas reconnus comme de vrais travailleurs, comme des êtres humains, cela n’ira pas.

Tant qu’on n’appellera pas un travail, un travail, il n’y aura pas de travail.

Alors, quand nous entendons parler de partage du travail, de réduction du temps de travail, je voudrais rappeler que les CES ou autres mesures pareilles, nous sommes déjà ceux qui partageons le travail depuis des années. Moi, cela fait depuis 1979 que je n’ai pas eu de vrai contrat de travail ! Mais nous le partageons dans les pires conditions puisque nous partageons aussi le salaire.

Qui peut élever une famille avec un demi-SMIG ? D’accord pour la réduction du temps de travail, mais sans diminuer le salaire des salaires les plus bas.

Ma seconde réflexion, nous les marginaux, nous permettons à la société d’innover, d’inventer sur notre dos. On le sent bien. On nous exploite, et on se sert de nous.

S’il y a quelque chose de dur à faire, on emploie qui ? Les chômeurs, les RMIstes. Dès qu’il faut aller au casse-pipe, un contrat bidon et c’est parti ! Mais dès qu’on voit que cela marche, on fait rentrer d’autres personnes, des gens avec diplômes...

Pour les « AMI » dans le bus - j’en suis un - ils n’ont pas été prendre des mecs qui sortent de Saint-Cyr.

Pourquoi ? Parce que pour être capable de monter dans un bus et être agressé sans pouvoir rien dire, personne ne peut accepter une chose comme cela.

Il faut avoir connu la vie, la vraie, pour faire ce boulot, c’est le seul CAP qui ne s’apprend pas à l’école.

Pour moi, « AMI », c’est un vrai métier : on est à la fois assistante sociale, garde du corps, agent d’ambiance, agent d’accueil.

J’ai le sentiment qu’on se sert de notre compétence : celle de connaître le monde de la pauvreté pour faire avancer la société. Mais nous reconnaît-on vraiment cette compétence ? Sinon, le risque, c’est qu’une fois reconnu l’intérêt de ce boulot, on le donne aux enfants de la société et qu’à nous, les portes se referment.

Ouvrir les portes pour les autres, c’est sympa mais, de temps en temps, il faut les ouvrir pour soi-même. Pour les emplois de proximité, comme les « AMI », il faut leur donner un vrai statut, une vraie reconnaissance, pas celle d’un CES, ou contrat consolidé. Il faut pour ces emplois de vrais droits, une vraie formation, et que cela soit reconnu comme profession.

En conclusion, je m’adresserai aux partenaires sociaux, pour qu’ils changent ces faux statuts et qu’ils donnent au travail son vrai nom, et que dans leurs négociations, ils ne nous oublient pas, qu’ils parlent aussi de nous.

Témoignage de Hervé Bischerour au Conseil économique et sociale régional Rhône-Alpes, juin 1996

Chronique d'une journée ordinaire.

Le temps qui ne passe pas.

Il est 8h00, les enfants partent pour l'école, je reste dans mon lit. A quoi ça sert de se lever, il n'y a quand même rien qui va changer aujourd'hui. J'ai plein de rêves, mais à chaque fois que je tente quelque chose, il n'y a jamais rien qui marche. 10h00 passe, oh il faudrait bien que je me lève, j'ai un petit creux. Je me lave à peine, sans beaucoup de goût.

11h00 passe, il faudrait que j'aille à l'ANPE. Le temps de chercher tous mes papiers, de bien m'habiller, il est déjà 11h½; cela ne vaut plus le coup. Je m'énerve avec ma femme, les enfants reviennent de l'école, ils sont énervés, je me fâche. Il est midi passé, c'est l'heure de manger, mais je n'ai pas faim. Et je tourne en rond dans cette maison, cela m'énerve d'être là à ne rien faire. Un homme ça doit travailler, on est là pour nourrir notre famille, là on est utile, on existe pour tous les enfants. Mais là, je me sens inutile et ça ne va pas.

Les enfants repartent tant bien que mal à l'école. Moi je prends la décision d'aller voir à l'ANPE, il est 14h30. Plus d'une trentaine de personnes attendent, il n'y a plus de places assises ; j'ai déjà dû faire des kilomètres à pieds pour y arriver. Bon, j'attends, j'attends et j'attends encore. Après de nombreuses cigarettes, je passe enfin dans un bureau, il est plus de 16h00. En quelques minutes c'est réglé : on me propose un stage à plus de quinze kilomètres, non rémunéré et je n'ai même pas de moyen de transport pour y arriver. Les ASSEDIC ont failli être coupées, pourtant j'avais envoyé tous les papiers, mais il m'en manque encore un. Ils exagèrent quand même !

Je sors vers 17h00, j'aurais bien aimé faire d'autres démarches pour un logement correct, le mien est insalubre. Ou à la Sécu, ou encore à la CAF, à la mairie... On est toujours renvoyé de bureau en bureau comme des pions. On en a marre, on aimerait être mieux considéré, on a le droit à mieux que cela !

Je repars péniblement chez moi. Je m'arrête à un bistrot ; je ne devrais pas boire, mais ça me soulage un peu.

Quand je reviens chez moi, il est 19h00. Je me fais engueuler, on me dit que je n'ai rien fait de la journée, et pourtant j'aurais bien aimé réussir quelque chose.

Je regarde la télé, je n'ai pas envie de parler. Je vais me coucher. Quelle journée !

1 Créées dans les années soixante-dix en Europe, elles sont des lieux publics de rassemblement, de formation et d’échanges entre les familles du Quart
2 Issus eux-mêmes de milieux très défavorisés, ils acceptent d’aller à la recherche de plus démunis qu’eux et d’œuvrer à leur libération.
1 Créées dans les années soixante-dix en Europe, elles sont des lieux publics de rassemblement, de formation et d’échanges entre les familles du Quart Monde et ceux qui acceptent de les reconnaître comme partenaires.
2 Issus eux-mêmes de milieux très défavorisés, ils acceptent d’aller à la recherche de plus démunis qu’eux et d’œuvrer à leur libération.

Marie-Hélène Boureau

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