Ioannis Nuguet, Spartacus et Cassandra

Film français, 2014

Marie-Hélène Dacos-Burgues and Anne de Maissin

p. 43-44

Bibliographical reference

Spartacus et Cassandra, film de Ioannis Nuguet, France, 2014, 80’

References

Bibliographical reference

Marie-Hélène Dacos-Burgues and Anne de Maissin, « Ioannis Nuguet, Spartacus et Cassandra », Revue Quart Monde, 234 | 2015/2, 43-44.

Electronic reference

Marie-Hélène Dacos-Burgues and Anne de Maissin, « Ioannis Nuguet, Spartacus et Cassandra », Revue Quart Monde [Online], 234 | 2015/2, Online since 01 December 2015, connection on 02 December 2022. URL : https://www.revue-quartmonde.org/7616

C’est l’histoire de deux enfants roms. Ils sont frère et sœur et ont treize ans et dix ans, lui s’appelle Spartacus et elle Cassandra. Bien que jeunes, leurs vies sont déjà pleines d’aventures plus ou moins heureuses. Ils sont recueillis par une jeune trapéziste, Camille, qui a installé son chapiteau à la périphérie de Paris dans le 93. Camille n’a que vingt-et-un ans. Après une comptine résumant la vie de Spartacus, le film déroule l’histoire de ce frère et de cette sœur, au moment où ils sont déchirés entre leurs parents qui vivent à la rue et font la manche, et le nouvel avenir qui s’ouvre pour eux auprès de Camille. Le film se passe tantôt dans la rue avec les parents, tantôt chez Camille, dans sa caravane, tantôt au Tribunal avec le juge des enfants, ou encore à la campagne en vacances ou encore dans la nouvelle maison. Il y a beaucoup de sous-titrages dans ce documentaire (pour les paroles des parents roms). Les coups de téléphone entre les parents et les enfants sont saisissants de vérité. Spartacus dit à un moment à son père : « On ne peut rien attendre de toi ».

Le père dit de l’école qu’elle ne rapporte pas d’argent. On comprend bien que le père a peur que son fils s’éloigne de lui s’il va à l’école. Le père refuse les lois de la France qu’il ne comprend pas. Il veut être le chef de famille et mener la vie qu’il veut mener, celle qu’il sait mener. Il boit beaucoup. Il est violent quand il a bu. Il dit : « Je ne vais pas recevoir des ordres d’une femme », et aussi : « C’est moi qui décide. Mes enfants font ce que je dis ». Le personnage de la maman est attachant. Elle est doublement exclue, comme Rom et à l’intérieur de sa communauté. Sa fragilité ajoute aux tiraillements des enfants. La situation du père peut alimenter les préjugés. On se demande qui est Camille : Rom ou gadjé ? Elle parle leur langue. Camille a une grande maturité. Elle a mis des limites à Spartacus et lui a expliqué les lois en vigueur en France ; elle a expliqué la situation des enfants au père : s’il ne fait pas ce que le juge a dit, il ira en prison. Elle a aussi expliqué à Spartacus : « Si tu pars, ton père ira en prison ». Elle a insisté sur l’importance de l’école auprès du père et auprès de Spartacus. Les enfants disent des poèmes qu’ils ont écrits eux-mêmes en atelier d’écriture. Spartacus fait du slam. Camille a acheté une maison à la campagne. Le déménagement perturbe encore plus les enfants.

Ce film a été choisi pour être visionné par le Jury du prix Agir Tous pour la Dignité.

Marie-Hélène Dacos-Burgues

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Anne de Maissin

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