La peur des pauvres : nouveau et véritable racisme

Umberto Folena

Translated by Jean Tonglet

p. 54-55

Translated from:
È la paura dei poveri il nuovo, vero razzismo

References

Bibliographical reference

Umberto Folena, « La peur des pauvres : nouveau et véritable racisme », Revue Quart Monde, 254 | 2020/2, 54-55.

Electronic reference

Umberto Folena, « La peur des pauvres : nouveau et véritable racisme », Revue Quart Monde [Online], 254 | 2020/2, Online since 01 December 2020, connection on 20 September 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/8797

« Je ne suis pas raciste, mais... ». Celui qui parle ainsi pourrait avoir raison. Non, il n’est pas raciste. Il ne déteste pas ceux qui portent une peau « différemment blanche ». Il n’est pas comme Hitler qui refusa de serrer la main de Jessie Owens, arrivé en 1936 à Berlin contre l’avis d’une partie importante du Comité olympique américain et de ses propres frères noirs, et qui « vola » en quelques heures quatre médailles d’or.

Celui qui aujourd’hui parlerait à un Owens se ferait volontiers un selfie avec lui et s’en vanterait auprès de ses copains qui, eux aussi, diraient : « Je ne suis pas raciste, mais... ».

« Mais »… Mais quoi ? Il n’est probablement pas vraiment raciste, mais c’est bien pire. Il souffre d’aporophobie, un mot (petit mot ou gros mot : à vous de juger) qui, en Italie, est utilisé par quelques savants et érudits, mais qui n’est pas entré dans le langage courant et n’y entrera peut-être jamais. Il se compose de deux termes grecs : áporos : sans ressources, et phóbos...

1 Article publié dans le quotidien italien Avvenire, édition du 23 février 2020, et traduit par Jean Tonglet. Nous remercions l’auteur et la direction

CC BY-NC-ND