Emmanuel Robles, Jeunes saisons

Editions du Seuil, Paris. 1995. 112 pages.

Janine Dantan

Bibliographical reference

Emmanuel Robles, Jeunes saisons, Editions du Seuil, Paris. 1995. 112 pages.

References

Electronic reference

Janine Dantan, « Emmanuel Robles, Jeunes saisons », Revue Quart Monde [Online], 158 | 1996/2, Online since 20 May 2020, connection on 29 September 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/9041

Emmanuel Robles, de l’Académie Goncourt, évoque dans. Jeunes saisons, la vie d’un quartier pauvre d’Oran, et les jeux, parfois violents, d’enfants de toutes origines pour qui la rue est un second foyer.

Ce quartier était une sorte de village où tout le monde se connaissait et dont l’auteur évoque pour nous les silhouettes familières : les gitanes qui proposaient des dentelles ou des fleurs en papier, les marchands ambulants de fromages, de poissons. Tout un petit peuple s’y pressait : ouvriers maçons, fabricants d’espadrilles, porteurs d’eau indigènes. On y parlait peu l’arabe ou le français. Beaucoup s’exprimaient en patois espagnol.

Vivaient également dans ce quartier quelques familles juives mêlées aux autres. Or, la ville était violem­ment antisémite. « Mais contraire­ment aux grandes personnes, les jeu­nes étaient sans préjugés à leur égard »

La mère de l’auteur, jeune blanchisseuse, chantait avec les autres ouvrières, surtout des airs d’Andalousie !

C’est avec la disparition de la grand-mère que prit fin cette insouciante vie d’enfant : « C’est que j’avais ignoré jusque-là que j’étais pauvre. Peu à peu, j’apprenais qu’il me faudrait plus de courage et de valeur qu’à bien d’autres pour affronter l’avenir »

Tout le livre est baigné de soleil, le grand soleil méditerranéen, la bonne humeur qu’il engendre et ce sentiment de fraternité au-delà de toutes les différences.

Janine Dantan

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