Acteur de sa propre histoire ?

Rédaction de la Revue Quart Monde

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Rédaction de la Revue Quart Monde, « Acteur de sa propre histoire ? », Revue Quart Monde [Online], 176 | 2000/4, Online since 01 June 2001, connection on 05 August 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/2217

Belgique, le placement comme expédient d’un système

Entre gestion de l’urgence et crainte du risque : (…) Une recherche menée récemment dans le cadre des programmes de recherche financés par le Fonds Houtman s’est proposé d’interroger ce qui semble relever de l’évidence : on placerait faute de disposer de moyens d’intervention appropriés auprès des familles, donc d’alternatives praticables. (…)

On retiendra de cette recherche que pour des familles fragilisées, souvent qualifiées de marginales, l’enfant entre précocement dans une filière d’intervention qui opte fréquemment et dans l’urgence pour le placement. (…) On ne place pas « en dernier recours » mais bien parce que l’on estime que c’est la meilleure solution pour l’enfant, que le risque de crise le justifie.

Il reste donc à s’interroger sur la nature de cette crise et les signes que l’on en perçoit dans la situation familiale et son « instabilité ».

On fait ainsi le choix d’une maltraitance pour l’autre : on préfère ne pas prendre le risque d’une maltraitance familiale et assumer la certitude d’une maltraitance sociale que l’on estime moins grave pour l’enfant. (Journal du Droit des Jeunes, 6 / 2000)

Belgique, « Etre acteur de sa propre vie »

Le Théâtre National programme en ouverture de sa saison « Les Ambassadeurs de l’ombre ». Lorent Wanson met en scène ce spectacle autour de la citoyenneté et du partage des savoirs. (…) Vingt-cinq acteurs de tous les âges participent à cette entreprise, des familles, des isolés, des femmes avec enfants, des adolescents (…). L’idée incombe à la maison des Savoirs de Molenbeek qui, depuis dix ans, ouvre ses portes aux plus démunis pour qu’ils accèdent à la culture, envisagée comme un bien fondamental. (…)

Avoir un toit et un minimum vital sont des droits qui paraissent évidents, mais pour réellement faire partie d’une société, il faut pouvoir y prendre part, se la représenter et l’embellir. (…)

« Nous sommes riches des coups que nous avons reçus » dit quelqu’un. On imagine quelle ténacité il aura fallu pour mener à bien ce travail de longue haleine, pour assister régulièrement aux répétitions en se libérant l’esprit de toute autre préoccupation, pour apprendre un texte par cœur, quand on a, pour certains, des difficultés à lire et à écrire. (…) (Le Ligueur, 16 / 8 / 2000)

Canada, au Québec, 470 écoles à risque

Le ministère de l’Education a fourni à l’ensemble de ses commissions scolaires une liste de 366 écoles primaires et de 104 écoles secondaires où la probabilité d’échec est très élevée. Ultimement, ces « données brutes qui n’ont rien d’un palmarès » doivent servir d’outil aux écoles afin qu’elles établissent elles-mêmes le diagnostic de leur établissement dans le cadre des plans de réussite (exigés par le ministère) dans le but de qualifier 100 % des jeunes. La liste identifie les établissements où la probabilité de réussite est la moins grande en fonction d’indicateurs tels la probabilité de diplomation à 19 ans, de même que l’indice de non-retard scolaire à 12 et 18 ans. Elle s’attarde aussi à un ensemble de facteurs, tels le pourcentage de mères sans diplôme, le pourcentage d’enfants dont les deux parents ne sont pas diplômés, les taux des parents ayant effectué des études post-secondaires, le taux de familles où ni l’un ni l’autre des parents ne travaille, le taux des parents de moins de trente ans de même que le taux de familles se situant sous le seuil de quasi-pauvreté. (Le Devoir, 31 / 8 / 2000)

France, cap vers le Sénégal

Cinq garçons et deux filles : ils vont mardi prochain embarquer sur un voilier. Destination : le Sénégal. (…) Ils dépendent du service d’Action éducative et sociale en milieu ouvert (AEMO) et de l’OREAG (Organisation et rééducation des enfants et adolescents en Gironde). ( …) En situation d’échec scolaire et d’échec tout court, ils ont une piètre idée d’eux-mêmes, le sentiment que tout engagement de leur part se soldera par un échec, pas d’envies, aucun but ? Il s’agit donc de leur redonner confiance et le goût d’entreprendre (…) L’objectif est de les réinsérer à la rentrée. (…) Au Sénégal, ils resteront une semaine. Des contacts ont été pris avec les associations locales… (Sud-Ouest, 23 / 6 / 2000)

France, Kosovars : insertion en cours

Sur les quarante-neuf réfugiés kosovars arrivés en Touraine il y a un peu plus d’un an, il n’en reste aujourd’hui que trente, les autres ayant fait le choix d’un retour au pays. (…) C’est l’association ETM (Entente Touraine Migrants) qui a été chargée de donner des cours de français aux réfugiés : 300 heures sur deux mois. « Il aurait fallu le double » estime Odile Cochetel. « Le niveau de langue est un frein à l’insertion : on peut trouver un emploi saisonnier mais pas un emploi stable en parlant mal. En revanche, les enfants scolarisés ont très vite appris et se sont fait des amis ». (Nouvelle république, 31 / 7 / 2000)

France, les laissés-pour-compte de la reprise

La reprise économique peut aggraver l’exclusion. Depuis plusieurs semaines, les organisations caritatives, les mouvements de chômeurs, le monde de l’insertion par l’économique et certains syndicats interpellent l’opinion sur cet apparent paradoxe : certes, le chômage recule, mais cette décrue ne profite pas à tous les demandeurs d’emploi. (…) L’inquiétude est d’autant plus grande que l’idée d’un chômage dit « structurel » - en d’autres termes incompressible - compris entre 8 % et 9 % de la population active prend corps. D’après certains économistes, la France sera en situation de quasi plein emploi lorsqu’elle atteindra ce seuil. (Le Monde, 18 / 7 / 2000)

France, la situation sanitaire d’un village de Gitans

Antoine Garcia, cinq ans, et son frère Jésus, sept ans, sont des enfants du « village andalou », une communauté de deux cent cinquante Gitans sédentarisés dans la banlieue nord de Bordeaux. (…) L’étude de l’Institut européen de l’environnement de Bordeaux (IEEB) signalait que les habitations, installées près d’une ancienne décharge avaient été construites en 1990 sur des terrains marécageux « totalement défavorables à la construction » (…) L’IEEB avait aussi dénoncé le déversement des eaux usées dans deux bassins de décantation à ciel ouvert et sans clôture, situés quelques mètres derrière les jardins des pavillons. Un cloaque présentant « un risque sanitaire certain » (…) Depuis deux ans, M. Juppé (maire de Bordeaux) recherche des terrains pour créer des aires de stationnement. Mais il s’est heurté aux riverains qui refusent de voir ces projets près de chez eux. A moins d’un an des élections municipales, la question pourrait devenir politique. (Le Monde, 9 / 8 / 2000)

Grande-Bretagne, recherche universitaire

Plusieurs parlementaires vont commencer une enquête pour savoir pourquoi si peu d’enfants provenant de milieux pauvres demandent à être reçus à l’université. (…) Une étude montre qu’à l’est de la Grande-Bretagne, il y a des points noirs où moins de 1 % de la population des 18-25 ans est reçue à l'université alors que la moyenne nationale s’élève à plus de 5%. (The Independent, 19 / 6 / 2000)

Afrique, en mal de médicaments

La maladie du sommeil représente peut-être l’exemple le plus flagrant du décalage entre les géants mondiaux de l’industrie pharmaceutique et les maladies mortelles ou handicapantes qui affectent les populations pauvres du tiers monde. Ces maladies sont mal, voire pas du tout soignées, pas uniquement parce que les pauvres ne peuvent s’offrir les médicaments dont ils ont besoin, même si c’est déjà un problème grave, mais tout simplement parce que les médicaments n’existent pas. L’industrie pharmaceutique a très peu de raisons de les inventer. Les laboratoires rechignent à investir les énormes sommes nécessaires à la recherche d’un traitement dont ils savent qu’il ne pourra de toute façon pas être acheté par ceux qui en ont besoin. (Courrier international, 29/6 - 5/7 / 2000)

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