Sommet mondial pour le développement social, Copenhague, 6-12 mars 1995

Rédaction de la Revue Quart Monde

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Rédaction de la Revue Quart Monde, « Sommet mondial pour le développement social, Copenhague, 6-12 mars 1995 », Revue Quart Monde [Online], | 1998/, Online since 27 April 2010, connection on 29 September 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/4626

Extraits de la Déclaration et du Programme d'action

Index chronologique

1998/01

À ce Sommet, cent dix-huit chefs d'État ou de gouvernement se sont engagés à faire de la lutte contre la pauvreté, de la réalisation du plein-emploi et de l'instauration d'une société où régneront la stabilité, la sécurité et la justice leur objectif suprême. Ils ont adopté une Déclaration et un Programme d'action qui témoignent de leur volonté concertée de placer l'être humain au cœur du développement.

Extraits de la Déclaration de Copenhague sur le développement social

- 6. Un développement social équitable mettant l'accent sur le renforcement de la capacité des pauvres d'utiliser d'une manière viable les ressources de l'environnement est un fondement essentiel du développement durable.

- 9. Nous sommes réunis ici pour nous engager, nous, nos gouvernements et nos nations, à œuvrer au développement social dans le monde entier, de telle sorte que tous, hommes et femmes, en particulier ceux et celles qui vivent dans la pauvreté, puissent exercer les droits, utiliser les ressources et partager les responsabilités qui leur permettent de vivre une vie satisfaisante et de contribuer au bien-être de leur famille, de leur communauté et de l'humanité.

- 23. Nous savons que la pauvreté, l'absence d'emplois productifs et la désintégration sociale sont autant d’atteintes à la dignité humaine.

- 26/l. Nous favoriserons le progrès et la sécurité des personnes et des collectivités, de telle manière que chaque membre de la société puisse satisfaire ses besoins essentiels, affirmer sa dignité personnelle, vivre en sécurité et exprimer sa créativité.

- 29/2c. Nous veillerons à ce que ceux qui vivent dans la pauvreté aient accès aux ressources productives, notamment au crédit, à la terre, à l'enseignement et à la formation, aux techniques, aux connaissances et à l'information, ainsi qu'aux services publics ; à ce qu'ils participent aux décisions concernant l'adoption de politiques et de règlements qui leur donnent les moyens de tirer parti des possibilités nouvelles qui s'offrent dans les domaines de l'emploi et de l'économie.

Extraits du Programme d'action du Sommet mondial pour le développement social

- 2. Les politiques visant à éliminer la pauvreté, à réduire les inégalités et à combattre l'exclusion sociale doivent favoriser l'emploi, mais elles resteraient incomplètes et inefficaces si elles ne comportaient pas aussi des mesures corrigeant la discrimination et encourageant la participation ainsi que le maintien de relations harmonieuses entre les groupes et entre les pays. Pour que le bien-être des individus soit assuré, il faut que la totalité des libertés et droits fondamentaux puissent s'exercer, que l'accès à de bons services d'enseignement, de santé et autres services publics de base soit garanti et qu'existent des relations conviviales au sein des communautés. L'intégration sociale, c'est-à-dire la capacité qu'ont les individus de coexister en respectant parfaitement la dignité de chacun, le bien commun, le pluralisme et la diversité, sans recourir à la violence et en pratiquant la solidarité, et de participer à la vie sociale, culturelle, économique et politique, concerne tous les aspects du développement social et toutes les politiques.

- 14/h. Renforcer les capacités et les possibilités de tous, en particulier des personnes défavorisées ou vulnérables, de poursuivre leur propre développement économique et social, d'établir et de faire fonctionner des organisations représentant leurs intérêts et de prendre part à la conception et l'application des politiques et programmes publics dont ils subiront directement les effets.

- 23. La pauvreté est intimement liée à l'absence de contrôle sur les ressources, notamment la terre, les compétences, les connaissances, les capitaux et les relations sociales influentes. Les décideurs ne tiennent guère compte de ceux qui n'ont pas accès à ces ressources, et les institutions, les marchés, l'emploi et les services publics ne leur sont ouverts que de façon limitée. Les programmes de lutte contre la pauvreté à eux seuls ne suffisent pas pour éliminer cette situation ; il faudra introduire des changements dans les structures politiques et économiques...

- 24. Il faut donner aux pauvres et aux groupes vulnérables les moyens de s'organiser et de participer à tous les aspects de la vie politique, économique et sociale, notamment à la planification et à la mise en oeuvre des politiques qui les concernent, leur permettant ainsi de devenir de véritables partenaires du développement.

- 26/b. Formuler des plans nationaux (...) pour réduire sensiblement la pauvreté générale et éliminer la pauvreté absolue.

- 26/h. Encourager et appuyer les projets locaux de développement communautaire qui encouragent chez les pauvres la compétence, l'autonomie et la confiance en soi et qui facilitent leur active participation aux efforts de lutte contre la pauvreté.

- 28/c. Faire en sorte que les politiques et les programmes destinés aux pauvres respectent leur dignité et leur culture et utilisent pleinement leurs connaissances, leurs compétences et leurs ressources.

- 28/a. Faire en sorte que ces programmes reflètent leurs priorités.

- 29/d. Sensibiliser le public (...) de sorte que la société fasse de la lutte contre la pauvreté une action prioritaire...

- 34/b. Faire en sorte que les pauvres des villes aient des moyens d'existence durables en leur assurant l'accès ou un meilleur accès à la formation et à l'éducation et en leur fournissant d'autres services d'assistance en matière d'emploi, en particulier en ce qui concerne les femmes, les jeunes, les chômeurs et les personnes sous-employées.

- 35/b. Faire prendre conscience à la population que la satisfaction des besoins humains fondamentaux est un élément essentiel de la réduction de la pauvreté ; ces besoins sont étroitement liés les uns aux autres et concernent la nutrition, la santé, l'eau et l'assainissement, l'éducation, l'emploi, le logement et la participation à la vie culturelle et sociale.

- 35/f. Offrir aux catégories vulnérables et aux personnes qui vivent dans la pauvreté des services sociaux appropriés qui leur permettent d'améliorer leurs conditions de vie, d'exercer leurs droits et de participer pleinement à toutes les activités sociales, économiques et politiques et de contribuer au développement socio-économique.

- 35/i. Faire en sorte que les pauvres aient accès pleinement et dans des conditions d'égalité à la justice et qu'ils connaissent notamment leurs droits, en leur fournissant, selon qu'il conviendra, une aide judiciaire gratuite.

- 46. Il faut faire prendre conscience de l'importance et de la valeur sociale et économique du travail non rémunéré, donner les moyens à la main-d’œuvre de concilier ces tâches avec une activité rémunérée en offrant une plus grande flexibilité de l'emploi, en encourageant les activités sociales bénévoles et en élargissant la notion même de travail productif, et faire reconnaître ces activités par la société, notamment en mettant au point des méthodes permettant de faire apparaître leur valeur en termes quantitatifs afin qu'elles puissent éventuellement apparaître dans la comptabilité qui pourra être établie indépendamment de la comptabilité nationale mais en conformité avec celle-ci.

- 72/a. Renforcer les capacités et les possibilités de toutes les personnes, particulièrement celles qui sont vulnérables ou défavorisées, pour qu'elles puissent créer et maintenir des associations indépendantes représentant leurs intérêts, dans le cadre de l'appareil constitutionnel de chaque pays.

- 72/b. Permettre aux organismes de la société civile et spécialement à ceux qui représentent des groupes vulnérables et défavorisés de participer à la conception, à tire consultatif, ainsi qu'à l'application et à l'évaluation des mesures ayant trait au développement social.

- 74/k. Veiller à ce que chacun ait accès à tout âge à diverses activités d'apprentissage, scolaire et non scolaire, qui lui permettent de contribuer pleinement à la vie de la société et de tirer profit de cette participation.

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