N° 246, 2018/2   •  Ni potence, ni pitié !
Livres ouverts

Lourthusamy Arokiasamy, Yves Berthelot, André Lalanne, Lily Razafimbelo. Chemins d’économie humaine

Éd. du Cerf, Patrimoines, 2016, 229 p.

Annick Mellerio
  • p. 61-62
  • publié en juin 2018
Texte intégral

Le père Lebret, dans les années 1940, a défini le concept d’économie humaine comme une économie des besoins : « L’accès aux biens essentiels doit être garanti et cela requiert une entière solidarité. » Alors que le capitalisme, en faisant du profit le centre et le régulateur, exige des efforts considérables pour en corriger les effets négatifs.

À partir de ce concept, une série d’actions sont menées sur tous les continents.

  • Au Togo, SICHEM promeut des techniques adaptées aux ressources locales, soutient la formation et les organisations villageoises de développement.

  • En Inde, SWATE organise des cours/forums pour que les femmes prennent conscience de leur situation, puis s’unissent et s’organisent pour agir, lutter contre la violence dont elles sont victimes et même se présenter aux élections.

  • En Bosnie, une coopérative regroupe des Serbes et des musulmans pour cultiver des framboises, fournissant des revenus pour vivre, en favorisant le travail en commun et la reconstruction des maisons.

  • En Haïti, l’aide internationale est plutôt nuisible : perte de souveraineté dans le choix des priorités, forte retenue dans la gestion des fonds (salaires des expatriés). PAIS propose un micro-crédit organisé et géré par la communauté locale où l’ensemble des adhérents à la caisse est solidaire.

  • En Afrique de l’ouest, plusieurs centaines d’organisations paysannes et d’ONG s’organisent pour que l’agriculture familiale puisse nourrir les villes.

« Tous ces cas soulignent l’importance de l’éducation populaire et scolaire, de la formation professionnelle et citoyenne. Tous mettent en œuvre des capacités d’innovation et d’initiative particulièrement utiles pour humaniser les mutations technologiques. »

Les valeurs qui sous-tendent l’économie humaine sont celles qui font société : solidarité, justice, dignité, responsabilité, liberté. Elles reposent sur quatre fondements : le progrès démocratique, la réalisation des droits humains, le respect de la nature et le travail.

Pour citer cet article Annick Mellerio, « Lourthusamy Arokiasamy, Yves Berthelot, André Lalanne, Lily Razafimbelo. Chemins d’économie humaine », Revue Quart Monde, Année 2018, Ni potence, ni pitié !, Livres ouverts, mis à jour le : 02/06/2018,URL : https://www.revue-quartmonde.org:443/7240.